Dossier sur le SIDA en Tunisie, Risques réels et impact macroéconomique énorme de l’i

الموضوع في 'الأخبار الطبية الحديثة' بواسطة cortex, بتاريخ ‏19 سبتمبر 2007.

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      19-09-2007 15:43
    Dossier sur le SIDA en Tunisie, Risques réels et impact macroéconomique énorme de l’inaction

    L'Office National de la Famille et de la Population ONFP se propose de lancer un appel d'offres international N°ONFP/GF 01/2007 pour la conclusion d'un marché cadre de 2 ans, afin d'acquérir des préservatifs masculins.

    Cette emplette entre dans le cadre de l'accord avec le Fonds Mondial pour la lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme, dans le cadre de la convention N°TUN-607-G01-H.

    Selon la DSSB59 et l’ONUSIDA60, la Tunisie est parmi les pays où l’épidémie est peu active puisque que le virus n’est pas répandu, actuellement, dans la population générale et que l’infection au VIH existe à un niveau faible dans les sous populations dont le comportement présente un risque élevé de contracter ou de transmettre le VIH.

    En fait, la Tunisie consacre la moitié du budget de l’État et le cinquième de son PIB aux secteurs sociaux. Cela concerne en premier lieu les services d’éducation (20% du PIB) et de santé (8,1% du PIB en 2002).

    Ce qui s’est traduit par une amélioration des indicateurs de la santé et de l’éducation. Si on ajoute l’indicateur de la promotion de la femme, certainement que la corrélation va s’améliorer.

    Le premier cas de VIH/sida en Tunisie date de 1985. Selon la DSSB, entre 1985 et 2005, près de 1 299 personnes ont été déclarées officiellement atteintes, dont 863 au stade de sida, soit une proportion de prévalence de 1 cas/10 000 habitants.

    Toutefois, il faudrait revoir le système de surveillance puisque près de 50% des patients sont découverts à un stade avancé de la maladie, signe d’une insuffisance des capacités du système de surveillance à dépister les cas de séropositivité.

    Une remarque : le VIH/sida est la maladie des pauvres en Tunisie.

    62% des PVVIH sont chômeurs, 18% disposent d’un emploi précaire (femme de ménage, aide-maçon, commerçant ambulant, ouvrier non qualifié…), 14% bénéficient d’un emploi stable (ouvrier qualifié, cadre moyen), 6% femmes au foyer, environ 90% proviennent d’un milieu socio-économique défavorisé et 4/5 arrivent à survivre grâce au soutien de la famille.

    Si on risque de devenir un pays à haut risque, ce sera pour plusieurs raisons, dont la jeunesse de la population (près d’un tiers de la population tunisienne a aujourd’hui entre 15 et 30 ans).

    Durant les années à venir, cette catégorie de la population, la plus concernée par la vulnérabilité face au VIH/sida, augmentera en nombre et en poids dans la population.

    Avec l’évolution des mœurs, les jeunes se marient de plus en plus tard, alors même que leur perception de la sexualité est moins traditionnelle que celle des générations précédentes.

    La Tunisie peut craindre une augmentation spectaculaire du nombre des infections dans les années à venir à cause :

    - D’une part, de la faiblesse des systèmes de surveillance et le manque de projets de recherche socio comportementale, associés à des services de dépistages très limités ne permettent pas de mieux comprendre la portée réelle de l’infection au VIH et de son impact.

    - La non disponibilité des préservatifs dans les universités, les hôtels et l'absence de distributeurs automatiques de préservatifs et le prix sont des facteurs qui rendent difficile leur utilisation, bien que la religion soit un facteur incitant à leur utilisation.

    - D’autre part, à cause de la libéralisation de la vie sexuelle, le développement des relations extraconjugales, le développement de la prostitution illégale dans les grandes villes et les villes touristiques, la cherté des préservatifs qui demeurent vendus uniquement dans les pharmacies, à un prix moyen dépassant 3.500 DT les 3 unités et le tourisme sexuel.

    Ce tourisme est plutôt un tourisme balnéaire et non un tourisme sexuel. Néanmoins, le tourisme sexuel existe et est appelé à augmenter en Tunisie vu l’augmentation de la prostitution clandestine de luxe.

    Une situation qui n’est pas trop préoccupante pour le moment, mais qui a fait le sujet d’études sur l’impact d’une éventuelle propagation endémique.

    L’impact macroéconomique du VIH/sida dans la région MENA a été analysé pour la première fois dans une étude de la Banque mondiale en 2003.

    La Banque mondiale a publié une étude cherchant à estimer les coûts économiques potentiels d’une propagation du VIH/sida dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord, région de faible prévalence.

    Les auteurs ont cherché à estimer l’impact macroéconomique du VIH/sida dans 9 pays du Moyen Orient et d’Afrique nord (Algérie, Djibouti, Égypte, Iran, Jordanie, Liban, Maroc, Tunisie et Yémen).

    Les principales conclusions de l’étude sont que le risque de propagation du VIH/sida dans la région est réel et que l’impact économique de l’épidémie pourrait être considérable.

    Les auteurs estiment qu’entre 2002 et 2025, les taux de croissance pourraient perdre entre 0,2 et 1,5 points par an et, en 2025, le PIB pourrait être réduit de 35% par rapport à son niveau en 2002.

    Les dépenses publiques de santé pour traiter toutes les maladies liées au VIH/sida pourraient coûter 1,2% du PIB/an en 2015.

    Les auteurs de l’étude ont développé un modèle de croissance optimale pour évaluer les risques et impacts macroéconomiques d'une propagation de l'épidémie du VIH/sida par deux modes de transmission : les rapports sexuels et le partage des seringues.

    L’étude estime les coûts de l’inaction pour les économies de la région et recommande une intervention immédiate des autorités publiques pour lutter contre l'épidémie par une distribution gratuite des préservatifs et des seringues.

    Dans le cas de la Tunisie, le modèle estime que le VIH/sida risque de s’amplifier dans les années à venir et donc d’avoir un impact économique considérable sur la croissance démographique, les dépenses de santé, la croissance et la production.

    Les estimations sont les suivantes :

    - Taux de prévalence du VIH/sida moyen en l’an 2015 de 4%

    - Réduction de la force de travail de 3,5%

    - Réduction du taux de croissance du PIB pour la période 2000-2025 de 0,34% par an, en moyenne

    - Réduction de la production de 45% (2000-2025)

    - Augmentation des dépenses de santé liées au VIH/sida de 1,2 % du PNB en moyenne en 2025.

    L’étude montre également les gains d’une intervention préventive à travers un élargissement de l’utilisation des préservatifs de 30% et de l’utilisation de seringues propres de 20%.

    Priorité à la prévention

    Les pays de la région partent d’un niveau relativement bas de prévalence. Cette situation privilégiée par rapport à la plupart des autres pays du monde est une opportunité unique qu’il leur faut saisir car les actions préventives sont beaucoup moins chères, surtout en vies humaines, que celles qui doivent être mises en place une fois l’épidémie installée.

    Or, la trithérapie a été introduite au détriment de la prévention. Ce qui est grave au niveau du risque de propagation du sida.

    De plus, les dépenses de la trithérapie peuvent être assumées par le budget de l’État tant que le nombre de malades du sida reste très limité. «Le budget alloué au Programme Nationale de Prévention et de Lutte contre les IST/sida prend déjà entièrement en charge les coûts de traitement des patients.

    Cet effort financier réduit d’autant les capacités d’investissement dans les opérations de prévention. Au fur et à mesure que le nombre de malade augmente, le financement des soins par l’État risque de devenir de plus en plus difficile.

    Il nécessitera l’implication effective de nouveaux partenaires et la mise en place de mécanismes multisectoriels pour une mise en œuvre adaptée aux évolutions»

    En plus, en Tunisie, l’implication du secteur privé dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le VIH/sida demeure très limitée. Les quelques initiatives constatées émanent de sociétés multinationales implantées en Tunisie.

    L’expérience internationale a bien montrée que le VIH cède du terrain en présence d’interventions déterminées et concertées.

    Pour cela, il est nécessaire de mener des actions de prévention, de traitement, de prise en charge et d’atténuation de l’impact de manière simultanée et non séquentielle.

    Cette démarche exige de renforcer les ressources humaines et institutionnelles et la mise en place de stratégies multisectorielles et régionales.

    Ce n’est que dans cette mesure que l’Afrique du nord pourra atteindre en 2015 l’objectif du millénaire pour le développement qui vise à stopper la propagation du VIH/sida et à en inverser la tendance actuelle.

    Les mesures adoptées face au VIH/sida : Les principales mesures prises par les autorités publiques en Tunisie sont :

    1987 : Lancement du Programme National de Lutte contre le VIH/sida (PNLS)

    1988 : Généralisation du dépistage systématique sur les dons de sang

    1998 : Intégration de la prise en charge des MST dans le PNLS devenant PNLS/MST

    1998 : L’installation d’un système de surveillance épidémiologique du VIH/sida

    2000 : Généralisation de la trithérapie anti-rétrovirale à tous les patients séropositifs

    Il est notable que le nombre de tunisiens atteints par le SIDA, selon les statistiques officielles, ne dépasse pas 3.000 cas en 2007.

    Pourtant, face à un avenir incertain du point de vue de la dynamique de l'épidémie du VIH/sida, la région MENA, et donc la Tunisie, serait meilleure si la politique d'intervention qui a été simulée dans l’étude était adoptée.

    L’implantation d’une politique interventionniste peut être donc considérée comme une forme d’assurance contre les risques de propagation de cette épidémie.
     
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