«Nous sommes dans une guerre monétaire larvée»

الموضوع في 'أرشيف المنتدى التعليمي' بواسطة cortex, بتاريخ ‏8 مارس 2008.

  1. cortex

    cortex كبير مراقبي منتدى الأخبار الطبيّة والصحيّة الحديثة طاقم الإدارة

    إنضم إلينا في:
    ‏11 نوفمبر 2006
    المشاركات:
    6.981
    الإعجابات المتلقاة:
    5.044
      08-03-2008 00:16


    Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas baissé ses taux d’intérêt (le Refi, son principal taux, reste à 4 %). Elle reste fortement préoccupée par le retour de l’inflation (3,2 % dans la zone euro, son plus haut niveau depuis le lancement de la monnaie unique). Résultat : l’euro a atteint un nouveau record à 1,5373 dollar, les marchés attendant une nouvelle baisse des taux américains pour le 18 mars. Entretien avec Christian de Boissieu, professeur d’économie à l’Université Paris-I.


    L’euro à deux dollars, c’est pour demain ?

    Non, heureusement. Cela dit, la dégringolade du billet vert n’est pas finie. Si le dollar était fragile avant la crise des subprimes, à cause de la conjoncture économique, il l’est encore plus depuis. Enfin, la Réserve fédérale américaine [Fed] n’a pas fini de baisser ses taux alors que la BCE a choisi le statu quo, ce qui rend l’euro attractif.

    Un euro fort, est-ce si grave ?

    Tout dépend de son niveau. L’euro fort allège notre facture pétrolière et calme les tensions inflationnistes dues au pétrole et aux prix alimentaires. Mais ces avantages-là me paraissent inférieurs aux coûts de l’euro fort pour la compétitivité des entreprises et la croissance. Certes, les pays et les secteurs sont inégalement sensibles au taux de change. Jusque-là, l’euro n’a pas entamé les atouts industriels de l’Allemagne ni son énorme excédent extérieur. Mais, des inquiétudes croissantes des industriels allemands se font jour.

    Les Etats-Unis mènent-ils une guerre monétaire pour relancer leur économie ?

    Les Américains, quoi qu’ils en disent, trouvent leur compte dans la chute du dollar, car il soutient leurs exportations. Notre chance serait qu’à un certain niveau, ils s’inquiètent de l’inflation importée, du financement de leurs déficits, de l’image même de leur monnaie. Nous sommes dans une guerre monétaire larvée générale, où de nombreux pays veulent, à tout prix, suivre le dollar à la baisse. Il s’agit de la Chine, du Japon, de nombreux pays émergents… Même la livre sterling baisse par rapport à nous ! L’euro supporte presque toutes les conséquences de la fragilité du dollar.

    Y-a-t-il un moyen de faire remonter le dollar ?

    Les marges sont étroites. Dans cette guerre larvée, nous n’avons pas beaucoup d’alliés. Si la BCE voulait intervenir sur le marché des changes, elle risquerait de se retrouver bien seule. La situation était totalement différente en octobre 2000, lorsque l’euro était trop faible et le dollar trop haut, et que les Américains avaient intérêt à nous rejoindre pour faire baisser le billet vert… Ensuite, la BCE va probablement attendre le ralentissement de l’inflation, vers mai-juin, pour baisser son taux d’intérêt, mais sans commune mesure avec ce qu’a fait la Fed. Il reste la voie politique. La Chine n’acceptera, par exemple, de réévaluer fortement sa monnaie que si nous lui proposons des compensations suffisantes, d’ordre politique.

    L’euro n’est-il pas tout simplement la monnaie internationale du XXIe siècle comme le dollar l’était au XXe siècle ?

    Aujourd’hui, le monde s’organise autour de deux monnaies, le dollar et l’euro, le yen étant tombé en deuxième division. Dans quelques années, le monde s’organisera sans doute autour de la triade dollar-euro-yuan chinois. Mais pour l’instant, le dollar possède encore une avance confortable. Il faut du temps pour opérer un rééquilibrage, vu les habitudes, les avantages de la monnaie leader, l’importance de la géopolitique (influence des Américains sur le marché pétrolier)… J’ajoute que ce phénomène de rééquilibrage comporte des aspects ambigus. Si la Chine faisait passer de 20 à 40 % la part en euros de ses énormes réserves de change, cela ferait à court terme monter encore plus l’euro. Pas vraiment un cadeau !
     
  2. cortex

    cortex كبير مراقبي منتدى الأخبار الطبيّة والصحيّة الحديثة طاقم الإدارة

    إنضم إلينا في:
    ‏11 نوفمبر 2006
    المشاركات:
    6.981
    الإعجابات المتلقاة:
    5.044
      08-03-2008 22:55
    Je sais que perdre son travail est douloureux et que notre économie inquiète de nombreux Américains", a déclaré George Bush, vendredi 7 mars. Une économie, a reconnu le président, qui tourne "au ralenti". Le matin, on avait appris que 63 000 emplois avaient été détruits aux Etats-Unis en février, après 22 000 en janvier. C'est la première fois depuis cinq ans que se suivent deux mois négatifs.

    Un peu plus tôt, le principal conseiller économique de M. Bush, Edward Lazear, avait envisagé une "croissance négative" américaine au premier trimestre. On ne parle de récession qu'à partir de six mois consécutifs de décroissance. Sinon, on évoque la "contraction" de l'activité. Au-delà des mots, la récession est bien là. Les ménages d'ailleurs ne se font pas d'illusion : l'indice de leur confiance a chuté de 48,5 % en février à 33,1 % aujourd'hui.

    L'emploi est touché parce que l'investissement régresse. Il régresse parce que les conditions du crédit se sont resserrées. Les banquiers prêtent moins parce que l'implosion de la "bulle" des emprunts hypothécaires ne se répercute pas que sur leurs résultats. Leur capital fixe est aussi affecté : la valeur de la propriété immobilière s'effondre, donc celle de l'habitat qu'ils récupèrent à la suite des saisies massives.

    Dans ce contexte, la consommation est plus que morose aux Etats-Unis, après avoir stagné en février, et l'inflation (hors nourriture et énergie) a atteint 3,7 % sur un an en janvier, son taux le plus haut en dix-sept ans.

    Pour l'économiste "stiglitzien" Jeff Madrick, directeur du Centre d'analyses économiques de l'université New School, à New York, le "nœud" du problème réside dans les saisies immobilières, dont le rythme ne cesse de s'accroître. Elles menacent dé****ais 2 millions de familles insolvables supplémentaires. Jeudi, l'Association américaine des banques hypothécaires (la MBA) a indiqué que 2,04 % des prêts étaient en cours de saisie au dernier trimestre et que le taux d'emprunteurs insolvables atteint 7,9 %. Depuis 1979, il n'avait jamais dépassé 7 %. Martin Feldstein, professeur à Harvard et ex-conseiller économique du président Ronald Reagan, jugeait vendredi, dans le New York Times, qu'un accroissement substantiel des saisies constituerait "le risque le plus grand que l'on ait vu depuis les années 1930", c'est-à-dire depuis la grande dépression.

    "LE GOUVERNEMENT DOIT AGIR VITE"

    Il propose la mise en place d'un "programme fédéral de prêts immobiliers à taux réduit aux individus (en situation de risque), sécurisé sur leur revenu ultérieur plutôt qu'un crédit formel" - dont le remboursement, donc, ne débuterait pas instantanément. Ce prêt se substituerait en partie aux emprunts en cours, pour réduire le poids de leurs remboursements et éloigner la menace de saisie. Son projet s'accompagne de mesures pour ne pas alourdir le déficit budgétaire. "Sans crédit fluide, l'économie ne peut croître. Le gouvernement, conclut-il, doit agir vite."

    Maîtriser la chute du crédit, c'est aussi le premier souci de la Réserve fédérale américaine (Fed). Vendredi, elle a annoncé deux mesures d'urgences pour augmenter les liquidités disponibles sur le marché à hauteur de 100 milliards de dollars (65 milliards d'euros), dont 15 milliards immédiatement. Les analystes s'attendent, pour leur part, à ce que la Fed baisse rapidement son taux directeur d'un nouveau point, en deux fois.

    Du côté politique, le sénateur démocrate de l'Illinois, Richard Durbin, a proposé, pour contrecarrer la vague des saisies immobilières, leur "gel" temporaire et une modification de la loi sur les faillites personnelles. Par anticipation, M. Bush s'y était opposé le 26 février.

    Vendredi, le président américain a voulu rassurer : lorsque "l'argent" dégagé par son plan de 156 milliards de dollars de déductions fiscales "parviendra dans la poche des Américains, nous attendons qu'ils l'utilisent pour relancer leur consommation". Des propos accueillis par un scepticisme fleurant l'indifférence tandis que le Dow Jones perdait 1,26 % pour passer sous la barre des 12 000 points
    .
     
  3. cortex

    cortex كبير مراقبي منتدى الأخبار الطبيّة والصحيّة الحديثة طاقم الإدارة

    إنضم إلينا في:
    ‏11 نوفمبر 2006
    المشاركات:
    6.981
    الإعجابات المتلقاة:
    5.044
      11-03-2008 15:52
    Actions concertées des banques centrales face à la crise financière

    La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé, mardi 11 mars, une série de mesures pour augmenter la liquidité des marchés financiers, en coordination avec plusieurs autres banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE). "Les pressions sur certains marchés se sont récemment de nouveau intensifiées. Nous allons tous continuer à travailler ensemble et prendrons les mesures appropriées pour faire face à ces pressions sur la liquidité", indique la Fed.

    Son initiative prévoit l'extension des accords de mise à disposition de liquidités existant avec la BCE et la Banque nationale de Suisse (BNS), qui avaient été mis en place à l'automne, pour lutter contre l'accentuation de la crise.
    La Fed va faire passer de 10 à 30 milliards de dollars la ligne de crédit ouverte à la BCE et de 2 à 6 milliards celle de la BNS. La BCE va ensuite lancer une nouvelle opération en dollars, dans le cadre de l'action concertée. Le montant total alloué atteindra jusqu'à 15 milliards de dollars et le résultat sera connu le 27 mars, a précisé la BCE. La banque centrale américaine a également annoncé la création d'une nouvelle procédure qui va lui permettre de prêter jusqu'à 200 milliards de dollars de titres du Trésor à un groupe restreint de grandes banques.

    FAVORISER LA LIQUIDITÉ

    Cette mesure "est destinée à favoriser la liquidité sur le marché des titres du Trésor et d'autres titres apportés en garantie, favorisant de la sorte plus globalement le fonctionnement des marchés financiers". Ces actions complètent les mesures déjà annoncées vendredi, avec l'augmentation à 100 milliards de dollars des volumes de liquidités alloués par la Fed lors de ses enchères et le lancement d'opération de rachats de titres d'un montant équivalent. Les banques centrales participant à cette initiative conjointe sont – outre la Fed, la BCE et la BNS – la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre. Les banques centrales des plus grands pays industrialisés avaient déjà lancé, en décembre, une vaste opération concertée sur les marchés du crédit pour tenter d'apaiser les tensions croissantes nées de la crise des subprimes.

    Les Bourses européennes accéléraient fortement leur hausse mardi en début d'après-midi, réagissant favorablement à l'annonce par la Fed de cette action coordonnée avec d'autres banques centrales. Vers 14 heures, la Bourse de Paris bondissait de 2,13 %, Francfort prenait 1,55 % et Londres 2,06 %. Même chose à Wall Street où le Dow Jones gagnait 1,13 % et le Nasdaq 1,86%.
     

مشاركة هذه الصفحة

جاري تحميل الصفحة...