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Gâchis à Tabarka

الموضوع في 'English & French Archive' بواسطة cortex, بتاريخ ‏9 أوت 2008.

  1. cortex

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      09-08-2008 18:26


    Tabarka, la «Cité du corail», «capitale» touristique du Nord-Ouest, dispose de ressources importantes. Ses plaines fertiles, ses forêts de chênes-lièges et de pins d’Alep, ses plages de sable fin, ses côtes poissonneuses, ses récifs coralliens et ses ruines antiques (Dougga, Bulla Regia, Chemtou) sont autant d’atouts qui peuvent être judicieusement exploités.

    Ce paradis des pêcheurs, des baigneurs et des amateurs de plongée sous-marine était jusqu’à il y a quelques années difficilement accessible. Cela ne l’a pas empêché de connaître son heure de gloire, entre 1972 et 1980, avec un Festival de Jazz créé par Lotfi Belhassine, futur fondateur du Club Aquarius et d’Air Liberté. Avec un slogan qui a fait le tour de la planète: «Je ne veux pas bronzer idio t».

    Le concept était simple et efficace : conjuguer réflexion et divertissement. Les grandes stars et les sommités intellectuelles de l’époque venaient alors à Tabarka. Les festivaliers habitaient dans des paillotes au confort sommaire, mais ils étaient heureux de pouvoir discuter avec les penseurs à la mode et, le soir, d’assister aux concerts des musiciens les plus en vogue.

    Après une longue traversée du désert, durant laquelle la cité balnéaire avait été délaissée par les pouvoirs publics et les promoteurs privés, Tabarka a commencé à renaître. Tout a commencé en mars 1988. Lors d’un Conseil ministériel, le chef de l’Etat, soucieux de relancer l’activité touristique de la région, a décidé, contre l’avis de certains membres de son gouvernement, de faire construire un aéroport à Tabarka. Les grands hôteliers du pays ont été également appelés («sommés» pour être plus précis, car beaucoup traînaient les pieds) à y construire de nouvelles unités. Beaucoup d’entre eux ont répondu favorablement. L’aéroport a été inauguré en 1992. Il peut accueillir 250 000 visiteurs par an.

    Aujourd’hui, la station touristique dispose d’une vingtaine d’hôtels d’une capacité totale de 6 000 lits, d’un port de plaisance et d’une marina (Porto Corallo), de deux parcours de golf, d’un théâtre de plein air édifié dans une vieille basilique et de nombreux centres de plongée sous-marine, de thalassothérapie, de thermalisme, d’équitation, etc.

    En 1995, le président de la République a donné son accord pour la renaissance de son Festival de Jazz, dans l’espoir de créer l’animation nécessaire à la relance de la station balnéaire qui n’arrivait pas à décoller. Depuis, des fonds publics importants (plus de 500 000 dinars) sont alloués annuellement à l’organisation de cette manifestation. Montant auquel il convient d’ajouter les recettes du sponsoring, du guichet, sans parler de l’apport des ambassades étrangères qui prennent en charge les frais des groupes qu’elles aident à faire venir à Tabarka.

    Avec une enveloppe de quelque 800 000 à 1 million de dinars, on devait pouvoir organiser des festivités capables d’attirer une importante clientèle, nationale et étrangère, vers Tabarka durant la saison estivale. Et même au-delà. Or, après un démarrage en trombe, le festival est tombé peu à peu dans l’anonymat. Les hôteliers, ses principaux bailleurs de fonds, ne constatent pas de retombées réelles du festival sur leurs activités. Les taux d’occupation de leurs établissements stagnent dangereusement. On ne peut pas dire que l’aéroport de Tabarka regorge de touristes attirés par les stars invitées par le festival, puisqu’il s’agit souvent de vedettes de seconde catégorie, de «has been» ou de groupes tout juste bons pour se produire dans les maisons de jeunes ou les couloirs de métro.

    Qu’on nous permette aussi de nous interroger sur le sort de la Cité des arts et des lettres, qui devait être érigée en bord de mer, à quelques pas du centre-ville. Cet ouvrage, dont l’inauguration était prévue en 2005 et reportée depuis sans aucune explication, devrait comprendre un théâtre de plein air de 6 500 places, une salle couverte de 2 500 places, une galerie d’exposition et divers espaces récréatifs. Coût total: 3 millions de dinars, dont un don présidentiel de 500 000 dinars. Où en est ce projet ?

    En attendant, «Tabarka, la belle endormie» continue donc de dormir. Son maire actuel, le tonitruant Dr Jilani Dabboussi, peut, quant à lui, continuer à se plaindre du manque d’engagement des pouvoirs publics en faveur de sa ville. Mais il ne suffit pas de crier très fort pour avoir raison. Les faits sont là, et ils sont têtus. Ce n’est pas à cause d’un manque de fonds que Tabarka n’arrive pas à décoller, mais à cause d’une mauvaise utilisation des fonds qui lui ont été alloués au cours des dix dernières années. Et c’est bien plus grave. Surtout quand on pense aux retards de développement enregistrés par d’autres régions du pays beaucoup moins nanties par la nature que Tabarka, et beaucoup moins «chouchoutées» par les pouvoirs publics…

    Une étude sérieuse sinon un audit en bonne et due forme permettrait d’identifier les dysfonctionnements structurels et les manquements individuels qui sont derrière ce grand gâchis : celui d’une région qui n’arrive pas, malgré les coups de pouce successifs des plus hautes autorités du pays, à faire valoir ses immenses atouts.
     

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