L’Islam tunisien investit les médias

الموضوع في 'المرئيّات و السّمعيّات' بواسطة cortex, بتاريخ ‏3 سبتمبر 2008.

حالة الموضوع:
مغلق
  1. cortex

    cortex كبير مراقبي منتدى الأخبار الطبيّة والصحيّة الحديثة طاقم الإدارة

    إنضم إلينا في:
    ‏11 نوفمبر 2006
    المشاركات:
    6.981
    الإعجابات المتلقاة:
    5.044
      03-09-2008 14:18
    L’exception religieuse tunisienne se confirme. Après la populaire mais controversée radio «Zitouna.Fm», c’est autour de la chaîne Al Ferdaous d’Hannibal TV d’investir le champ religieux.

    Le paysage médiatique tunisien s’ouvre lentement après de longues années de monopole public. Si l’avènement des radios et des chaînes généralistes paraît être un aboutissement inévitable, l’entrée en scène de médias religieux suscite, elle, quelque peu la curiosité. En effet, la radio coranique qui fête cette année son premier anniversaire sera concurrencée par une chaîne TV intra-muros, proposant une grille analogue.

    Zitouna qui emprunte le nom de la grande et autrement renommée mosquée qui a formé de nombreuses générations tunisiennes et arabes depuis l’aube de l’indépendance dans les sciences islamiques et coraniques, et El Ferdaous, un nom non moins symbolique et fort, qui signifie le jardin le plus élevé du paradis, proposent, à quelques exceptions près, le même contenu : récitation et psalmodies du coran, invocations, chants liturgiques, Sira ou biographie du prophète, le tout sous le signe de la modération et de la tolérance.

    Est-ce le succès de la première qui a favorisé sinon activé l’avènement de la deuxième ? Ou cherche-t-on plutôt à promouvoir un discours religieux tunisien inspiré du courant malékite pour détourner les regards des chaînes satellitaires religieuses qui fleurissent, vouées à battre, en ce mois de Ramadan, tous les records de l’audimat ? Ou bien, la Tunisie est-elle tout simplement en train de suivre une tendance qui fait fureur dans les pays arabes?

    En effet, la mode des chaînes satellitaires religieuses ne se dément pas. Limitées au départ à une ou deux chaînes, dont la saoudienne Iqrâa, leur nombre va croissant. L’audience arabe, profondément blessée par les critiques et les manœuvres tendancieuses qui visent à éclabousser l’Islam et les musulmans, a trouvé dans ces chaînes une sorte d’exutoire pour expier son sentiment d’impuissance et d’humiliation. Les cheikhs et les animateurs du petit écran sont ainsi élevés sur le pavois. Amr Khaled, Khaled El Joundi, Omar Abdelkafi et autres sont devenus des stars incontournables que le spectateur arabe aime regarder, écouter, faisant de leurs prédications, leur exégèse du Coran et de la Sunna (la sira du prophète) une source d’inspiration, l’aidant à concevoir une certaine discipline de vie.

    Tantôt critiqués, tantôt auréolés, les porteurs de la parole religieuse analysent la religion, selon des lectures différentes. La liberté est laissée à chacun de choisir de quel discours ou de quelle version se persuader. Mais dans ce véritable magma, des téléspectateurs non avertis peuvent se laisser influencer par des prêches rigoristes et quelque peu jusqu’au-boutistes, qui sont en total décalage avec les exigences de l’époque. D’où le risque qu’il y a, outre à fourvoyer le téléspectateur, à donner raison à ceux qui ne se lassent pas de faire des procès d’intention à l’Islam.

    Que le religieux investisse le champ médiatique est une bonne chose, d’autant qu’à l’heure qu’il est, rien ne vaut une bonne présence cathodique pour toucher la masse. Reste à être prudent aux messages qu’on véhicule. Car, tout ce qui est diffusé en live ou en différé, est retenu, enregistré, analysé et peut soit nous servir, soit nous desservir.

    La tâche est donc cruciale pour ces chaînes religieuses. Elles ont une responsabilité historique d’expliquer convenablement l’Islam dans ses nobles principes de miséricorde, de tolérance, d’entraide et d’amour du prochain. Leurs messages doivent s’adresser tant aux musulmans, qu’aux non musulmans. Elles doivent contribuer à lever les amalgames et à rétablir la vérité autour d’une religion, qui, si elle est en train de faire de plus en plus d’adeptes de par le monde, est exposée aux pamphlets les plus abominables.

    Il s’agit de montrer l’islam comme une religion ouverte, évolutive et tolérante, sans toutefois le vider de ses principes sublimes et de ses valeurs nobles. D’où l’impératif de s’éloigner de la propagande et de l’instrumentalisation politique dont le téléspectateur n’est pas dupe et qui finit par le faire fuir pour aller chercher ailleurs.
     
    1 person likes this.
حالة الموضوع:
مغلق

مشاركة هذه الصفحة

جاري تحميل الصفحة...