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Les Fleurs Du Mal

الموضوع في 'منتدى الشعر والأدب' بواسطة امبراطور تونيزيا سات, بتاريخ ‏6 ديسمبر 2006.

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  1. امبراطور تونيزيا سات

    امبراطور تونيزيا سات كبار الشخصيات

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      06-12-2006 01:39
    L'édition de 1861 des Fleurs du mal est la seconde et la dernière édition publiée du vivant de l'auteur. Même si la structure de l'oeuvre est toujours axée autour des 5 parties de l'édition de 1857 (Spleen et Idéal, Fleurs du Mal, Révolte, Le Vin, La Mort), Baudelaire ajoute ici 32 poèmes et procède à toutes sortes de corrections et de réagencements. Ainsi, dès le fameux Au Lecteur : « Dans nos cerveaux malsains, comme un million d'helminthes, / Grouille, chante et ripaille un peuple de Démon » devient « Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons ».
    De la même façon, après la Bénédiction n'est plus Le Soleil qui « s'introduit en roi[...] dans tous les palais » mais immédiatement L'Albatros qui, malmené et avec « ses ailes de géant », ne peut pas marcher. Le recueil ne se termine plus par La mort des artistes mais par Le Voyage, terminant le recueil sur ce vers « Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! ».
    Mais ces modifications semblent ignorer les ponctions du Cerbère Justice ou tout au moins ne pas y pallier. Ainsi, dans la partie Fleurs du mal rien ne vient remplacer Femmes Damnées ou Lesbos, poème pourtant central dans le recueil, au point que Baudelaire avait songé à intituler le recueil entier de cette façon avant la première publication.
    Plus que l'oeuvre elle-même, le cheminement entre les éditions nous dévoile un peu plus du poète maudit et permet de mieux le comprendre.
     
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  2. The Joker

    The Joker _^_

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      06-12-2006 10:37
    تشكر يا أخي
    هاو عندك موهبة أخرى و ما في باليش
     
  3. امبراطور تونيزيا سات

    امبراطور تونيزيا سات كبار الشخصيات

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      07-12-2006 20:04
    Dédicace

    Au poëte impeccable
    Au parfait magicien ès lettres françaises
    À mon très-cher et très-vénéré
    Maître et ami

    Théophile Gautier

    Avec les sentiments
    De la plus profonde humilité
    Je dédie
    Ces fleurs maladives
     
  4. امبراطور تونيزيا سات

    امبراطور تونيزيا سات كبار الشخصيات

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      07-12-2006 20:06
    Au Lecteur

    La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

    C'est le diable qui tient les fils qui nous remuent !
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
    Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

    Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
    Et, quand nous respirons, la mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C'est que notre âme, hélas ! N'est pas assez hardie.

    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde ;

    C'est l'ennui ! - l'œil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
     
  5. امبراطور تونيزيا سات

    امبراطور تونيزيا سات كبار الشخصيات

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      07-12-2006 20:08
    Bénédiction

    Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
    Le poète apparaît dans ce monde ennuyé,
    Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
    Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :

    - " Ah ! Que n'ai-je mis bas tout un nœud de vipères,
    Plutôt que de nourrir cette dérision !
    Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
    Où mon ventre a conçu mon expiation !

    Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
    Pour être le dégoût de mon triste mari,
    Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
    Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

    Je ferai rejaillir la haine qui m'accable
    Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
    Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
    Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés ! "

    Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
    Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
    Elle-même prépare au fond de la Géhenne
    Les bûchers consacrés aux crimes maternels.

    Pourtant, sous la tutelle invisible d'un ange,
    L'enfant déshérité s'enivre de soleil,
    Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
    Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

    Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
    Et s'enivre en chantant du chemin de la croix ;
    Et l'esprit qui le suit dans son pèlerinage
    Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

    Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
    Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
    Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
    Et font sur lui l'essai de leur férocité.

    Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
    Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats ;
    Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
    Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

    Sa femme va criant sur les places publiques :
    Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
    Je ferai le métier des idoles antiques,
    Et comme elles je veux me faire redorer ;

    Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
    De génuflexions, de viandes et de vins,
    Pour savoir si je puis dans un cœur qui m'admire
    Usurper en riant les hommages divins !

    Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
    Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
    Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
    Sauront jusqu'à son cœur se frayer un chemin.

    Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
    J'arracherai ce cœur tout rouge de son sein,
    Et, pour rassasier ma bête favorite,
    Je le lui jetterai par terre avec dédain ! "

    Vers le ciel, où son œil voit un trône splendide,
    Le poète serein lève ses bras pieux,
    Et les vastes éclairs de son esprit lucide
    Lui dérobent l'aspect des peuples furieux :

    - " Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
    Comme un divin remède à nos impuretés
    Et comme la meilleure et la plus pure essence
    Qui prépare les forts aux saintes voluptés !

    Je sais que vous gardez une place au poète
    Dans les rangs bienheureux des saintes légions,
    Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
    Des trônes, des vertus, des dominations.

    Je sais que la douleur est la noblesse unique
    Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
    Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
    Imposer tous les temps et tous les univers.

    Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
    Les métaux inconnus, les perles de la mer,
    Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
    À ce beau diadème éblouissant et clair ;

    Car il ne sera fait que de pure lumière,
    Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
    Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
    Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! "
     
  6. امبراطور تونيزيا سات

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      07-12-2006 20:10
    L'Albatros

    Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    À peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

    Le poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
     

  7. امبراطور تونيزيا سات

    امبراطور تونيزيا سات كبار الشخصيات

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      07-12-2006 20:16
    Élévation

    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes !
     
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