L’engagement

الموضوع في 'أرشيف المنتدى التعليمي' بواسطة king-makki, بتاريخ ‏5 ديسمبر 2008.

  1. king-makki

    king-makki عضو جديد

    إنضم إلينا في:
    ‏24 نوفمبر 2007
    المشاركات:
    42
    الإعجابات المتلقاة:
    20
      05-12-2008 21:12
    :besmellah1:






    Sujet : "Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance. N'importe : je fais, je ferai des livres; il en faut; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît; seul, ce miroir critique lui offre son image". Discutez cette affirmation de Jean-Paul Sartre exprimée dans Les Mots en vous appuyant sur des exemples de vos lectures.

    Rédaction:
    Au 20e siècle, la violence des guerres et l'intensité des affrontements politiques ont conduit de nombreux écrivains à "s'engager", c'est à dire à mettre leur oeuvre au service d'une idéologie. Sartre fut ainsi l'un des tenants les plus actifs de la littérature engagée. Cependant, il exprime son désenchantement dans Les Mots, son autobiographie : "longtemps, j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance". Mais il ajoute qu'il continuera à écrire parce que "cela sert tout de même". Avec Sartre, on peut donc voir pourquoi l'engagement en littérature conduit inévitablement à la désillusion. Mais on peut se demander si, au contraire, les oeuvres littéraires contribuent à la liberté de l'homme et de la société. Enfin, le propre de la littérature n'est-il pas d'éveiller l'esprit critique et de provoquer les remises en question ?

    La désillusion sur la littérature engagée, que Sartre exprime dans le texte cité, peut s'expliquer par le sentiment d'impuissance éprouvé par les écrivains. Impuissance à mobiliser l'opinion, à modifier les mentalités et, à plus forte raison, à renverser un régime oppressif. Les actions engagées par l'ensemble des écrivains contre la montée des dictatures en Europe dans l'entre-deux-guerres, n'ont pu empêcher la Seconde Guerre mondiale. Malraux, Gide, Giraudoux, les surréalistes ont ainsi vainement multiplié les mises en garde, les manifestes, les oeuvres. Par exemples, Les grand cimetières sous la Lune de Bernanos, qui dénonçait les violences durant la Guerre d'Espagne, ou Les Chemins de la liberté de Sartre ont surtout touché les lecteurs déjà sensibilisés. Un autre type d'échec de la littérature engagée peut s'expliquer aussi par l'aveuglement de quelques écrivains qui se sont mis au service de régimes totalitaires : c'est ainsi que Louis Ferdinand Céline, malgré toute la lucidité et la compassion envers les plus malheureux montrées dans le Voyage au bout de la nuit, met son écriture au service de la collaboration pendant la période de l'Occupation.

    Ainsi, le désenchantement de Sartre à l'égard de la littérature engagée peut parfois s'expliquer, mais il est injustifié lorsqu'on se réfère à d'autres écrivains, comme par exemple aux philosophes du siècle des Lumières.

    En effet, ceux-ci ont voulu servir le progrès, la justice et la liberté. Avec eux, l'écriture est action. Lettres, pamphlets, dialogues, contes philosophiques, pièces de théâtre abordent des sujets essentiels : l'Encyclopédie, Montesquieu, voltaire, Diderot, Rousseau, Beaumarchais développent une littérature militante qu'on lit encore avec le plus grand profit. Par ailleurs, lorsque Victor Hugo écrit que le penseur doit "faire flamboyer l'avenir", sa fougue romantique ne rejoint-elle pas, elle aussi, le message des Lumières ? Enfin, la littérature engagée a, plus près de nous, prouvé son importance et sa vigueur à travers la littérature de la résistance. Dans la France occupée des années 40-44 , des publications clandestines diffusent des poèmes d'Eluard, d'Aragon et Desnos, dont l'audience, malgré la répression est considérable : le poème d'Eluard, " liberté " devient le symbole de la Résistance ; Le silence de la mer de Vercors appelle la France à reconquérir une liberté perdue. Le rôle militant de l'écrivain se retrouve également dans la démarche de Soljenitsyne, écrivain russe qui a, dans ses écrits, dénoncé le stalinisme. On peut dire, en ce début de troisième millénaire, que la littérature engagée garde tout son sens lorsqu'elle perpétue les valeurs humanistes qui fondent notre société. Du reste, des écrivains et sociologues, comme Pierre Bourdieu, Koltès, Michel Foucault ont continué à s'investir, à travers leurs écrits, dans un combat qui associe la réflexion et l'engagement dans les débats.

    Mais au-delà de l'engagement, c'est en étant le "miroir critique" de l'homme que la littérature et l'art en général prennent tout leur sens. Car Ionesco, Perec, des peintres comme Pablo Picasso ou Francis Bacon nous parlent de nous même, de nos comportements contradictoires, de la vie, de l'espoir, mais aussi de la souffrance et de la mort. C'est ainsi que chaque roman de Le Clézio, par exemple, met la littérature au service de chaque homme, à travers la quête de valeurs nouvelles. Le propos développé par Sartre dans Les Mots apparaît donc pessimiste. Il est vrai que nombreux sont les écrivains qui ont pu se tromper ou voir leurs oeuvres impuissantes à réfléchir le cours des choses. Et pourtant, combien d'entre eux, de Voltaire à Camus, de Hugo à Malraux, ont su résister et contribuer au combat contre l'intolérance et l'oppression. Mais aujourd'hui, au-delà de la littérature engagée, l'oeuvre littéraire peut de multiples manières maintenir la vigilance du lecteur et susciter sa réflexion sur les grands combats contemporains et l'avenir de la société. C'est en effet à l'art qu'il convient de ​
    définir et de redéfinir sans cesse les valeurs fondamentales de l'homme​
     
    3 شخص معجب بهذا.
  2. king-makki

    king-makki عضو جديد

    إنضم إلينا في:
    ‏24 نوفمبر 2007
    المشاركات:
    42
    الإعجابات المتلقاة:
    20
      05-12-2008 21:18
    [
    LEFT]Le temps des engagements
    (Avec un survol sur la biographie de J. P. Sartre)



    Si, du point de vue littéraire, le XVIIIe siècle fut celui de Voltaire et le XIXe siècle celui de Hugo, on peut dire que Sartre, dans le XXe siècle, est présenté comme un symbole dans la littérature et surtout dans la littérature engagée ; il décide de transcrire l’histoire de son époque. Sartre parle de ce sujet dans sa biographie intitulée Les Mots. L’époque pleine de mouvements, d’incertitudes, de désillusions, de mutations, nous montre les engagements multiples, voire contradictoires, de Sartre en tant qu’écrivain engagé ; dans une telle situation, l’homme, l’artiste et de façon plus intense l’écrivain lui-même se sent responsable et ne peut pas rester indifférent aux événements civils et sociaux ainsi qu’aux événements des autres pays. En effet, l’écrivain ne peut pas rester dans la neutralité ; de sorte que Jean Guéhenno, l’un des maîtres à penser des années 30, ainsi que Romain Rolland et Henri Barbusse l’un des prisonniers de l’engagement, proclament que : "le devoir de 1’écrivain est dans l’engagement". De plus, la littérature de ce temps traverse la période la plus polémique de son histoire. Ce qui est essentiel dans la vie de Sartre est qu’il se présente lui-même engagé dans un monde dont il se sent responsable. D’un autre côté, Sartre, qui était issu d’une famille bourgeoise, ne pensait aucunement se compromettre avec la bourgeoisie. De plus, à cause de ce même engagement, il fut plusieurs fois interpellé par les autorités mais sans jamais être inquiété, grâce au Général de Gaulle qui se plaisait à dire : "On n’arrête pas Voltaire !" Si Sartre était la figure de proue de l’école existentialiste avec Simone de Beauvoir, d’autres écrivains comme Albert Camus jouèrent également un rôle important dans la naissance et le développement de l’Existentialisme.
    Dans l’essai intitulé Qu’est-ce que la littérature ?, Sartre pose la notion de la "littérature engagée". Il y exprime clairement que la littérature n’est qu’un effort, une lutte pour atteindre la connaissance et la liberté. Ainsi, en abordant certains problèmes capitaux comme "Qu’est-ce que écrire ?", "Pourquoi écrit-on ?’’ et "Pour qui écrit-on ?’’, il s’efforce d’apporter des réponses qui font de 1’acte d’écrire un acte d’engagement.
    En réalité, Sartre présente sous forme d’inventaire les caractères de la "littérature engagée" et de "l’écrivain engagé".
    Premièrement, "la littérature engagée" doit se consacrer la situation socio-culturelle, socio-économique, socio-politique - en un mot la condition humaine. Dans ce sens, "la littérature efficace, c’est la littérature qui entraîne 1’homme vers l’amélioration de la condition des hommes et vers l’humanité".
    Deuxièmement : "l’écrivain engagé" est l’écrivain qui est au centre des événements de son temps.
    Sartre dans les essais théoriques Qu’est-ce que la littérature ? et Que peut la littérature ? insiste sur l’écriture à la fois utile et efficace et dénonce les limites de la littérature humaniste ; il y souligne que : "la littérature, la prose avant tout, est un élément de combat pour un homme qui a choisi d’écrire". Selon Sartre, l’écrivain, qu’il le veuille ou non, est "dans le coup", obligé de se battre avec le monde et la réalité qui s’impose à lui ; chargé de témoigner sur son temps, d’historialiser son écriture, de transformer ses exigences de forme et de style en revendications matérielles et datées. De plus, il évoque dans sa biographie : "..., je confondis la littérature avec la prière, j’en fis un sacrifice humain". En outre, Sartre, en présentant le sujet de la mission de l’écrivain, rejette les écrivains comme Proust, Flaubert, Les Goncourt et même Balzac à cause de leur silence à l’égard des événements de leur époque. C’est là que Sartre apparaît comme un critique ; le critique qui s’efforce d’accomplir une vie aux frontières de 1’humanité normale.
    On peut diviser les œuvres de Jean-Paul Sartre en trois grandes parties du point de vue de l’engagement :
    1- L’engagement forcé et individuel :
    Par exemple dans Huis-clos qui est un drame, on peut voir une sorte de théâtre de l’anti-situation du fait que les personnages sont prisonniers d’un univers mort et neutre. C’est aussi le cas d’Oreste dans Les Mouches.
    2- L’engagement au nom de la collectivité
    Par exemple Hoédérer dans Les Mains sales, et Goetz dans Le Diable et le Bon Dieu. Cet engagement déclare que l’homme ne doit pas être indifférent à l’égard des autres.
    3- L’engagement universel (1952-1980)
    Les œuvres littéraires et la réflexion philosophique de Sartre sont les témoins de cet engagement ; il prend le parti des pays de l’est et il défend le tiers monde et ses luttes de libération nationale (l’Algérie, le Viêt-Nam, Cuba). De plus, en refusant le prix Nobel, il expose au grand jour son rejet des pays colonialistes et son indignation à l’égard du massacre de la population du Viêt-Nam. Cette prise de position contribua d’ailleurs largement à sa célébrité universelle.
    L’engagement joue donc un rôle central dans les œuvres et dans la vie de Sartre. Ce dernier, en appuyant sur le style de rédaction, dit que ce style doit être direct, précis et efficace. Cela car, selon Sartre, le but principal de la littérature engagée est d’agir sur les lecteurs. Il s’efforce de sauver les hommes de l’époque des incertitudes, des hésitations et des obscurités ; en sorte que le Clézio a dit à son sujet : "Il a souffert son siècle, agi son siècle".
    De l’autre côté, Julien Gracq a évoqué : "Sartre est un phénomène d’aimantation collective immédiate le plus souligné que la littérature ait connu depuis le romantisme".
    Avec tous ces commentaires, d’un côté Sartre veut devenir un "écrivain- chevalier" pour expérimenter les douleurs du monde pour les pourfendre de sa plume, et de l’autre, en présentant l’idéal de "l’écrivain-martyr" à l’égard de son hésitation sur l’efficacité de l’écriture, il dit : "Qu’importe, lance-t-il, je fais (rédige), je ferai des livres, cela sert tout de même".
    Pourtant, agir selon cet engagement conduit ultimement à cette phrase révélatrice écrite par Sartre : "Je suis, moi- même, perpétuellement en danger".




    Bibliographie
    Collection littéraire Lagarde et Michard :
    Lagarde (André) et Michard (Laurent), XXe siècle : anthologie et histoire littéraire, Paris : Ed. Bordas, 1988, 896p.
    Collection Chassang- Senninger :
    Chassang (A.) et Senninger (Ch.), Recueil des textes littéraires français, XXe siècle, Paris : Ed. Hachette, 1981, 624p.
    Collection Profil-Littérature :
    Berton (Jean-Claude), Histoire de la littérature et des idées en France au XXe siècle, Paris : Ed. Hatier, 1983, 192p.
    Collection Itinéraires littéraires :
    Maul poix (Jean-Michel), XXe siècle. Tome II. Après 1950, Paris : Ed. Hatier, 1991, 464p.
    Abrégés de littérature française :
    Darcos (Xavier), Histoire de la littérature française, Paris : Ed. Hachette, Collection Education, 1992, 528p.
    Salomon (Pierre), Précis d’histoire de la littérature française, Paris : Masson et Cie Editeur, 1969, 530p.[/LEFT]
     
    1 person likes this.
  3. cobraaa

    cobraaa كبير مراقبي المنتدى التعليمي

    إنضم إلينا في:
    ‏29 ديسمبر 2007
    المشاركات:
    5.809
    الإعجابات المتلقاة:
    25.476
      05-12-2008 21:47
    التوثيق ضرويّ في هذا المنتدى، فإمّا تحديد المصدر، أو كاتب المقال، وإلاّ فإنّ المشاركة لن يكون لها أيّ جدوى، وستصير داخلة في باب السّرقة الفكريّة وهو ما لا نرتضيه للمنتدى..
    أرجو تدارك الأمر في هذه المشاركة كي لا تُحذف..


     
    2 شخص معجب بهذا.
  4. king-makki

    king-makki عضو جديد

    إنضم إلينا في:
    ‏24 نوفمبر 2007
    المشاركات:
    42
    الإعجابات المتلقاة:
    20
      06-12-2008 22:50
    شكرا على الرد لكن ها هو ا لمرجع نفسه ​



    Bibliographie
    Collection littéraire Lagarde et Michard :
    Lagarde (André) et Michard (Laurent), XXe siècle : anthologie et histoire littéraire, Paris : Ed. Bordas, 1988, 896p.
    Collection Chassang- Senninger :
    Chassang (A.) et Senninger (Ch.), Recueil des textes littéraires français, XXe siècle, Paris : Ed. Hachette, 1981, 624p.
    Collection Profil-Littérature :
    Berton (Jean-Claude), Histoire de la littérature et des idées en France au XXe siècle, Paris : Ed. Hatier, 1983, 192p.
    Collection Itinéraires littéraires :
    Maul poix (Jean-Michel), XXe siècle. Tome II. Après 1950, Paris : Ed. Hatier, 1991, 464p.
    Abrégés de littérature française :
    Darcos (Xavier), Histoire de la littérature française, Paris : Ed. Hachette, Collection Education, 1992, 528p.
    Salomon (Pierre), Précis d’histoire de la littérature française, Paris : Masson et Cie Editeur, 1969, 530p.[/left]

    :kiss:
     
    4 شخص معجب بهذا.

مشاركة هذه الصفحة

جاري تحميل الصفحة...