La crise remet en question les normes comptables

الموضوع في 'أرشيف المنتدى التعليمي' بواسطة cortex, بتاريخ ‏13 أفريل 2009.

  1. cortex

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      13-04-2009 01:37
    Les quelque 800 milliards de dollars (606 milliards d'euros) de pertes et de provisions enregistrées par les banques depuis le début de la crise, qui ont conduit certaines à la faillite, sont-elles, en partie, artificielles et le fruit d'écritures comptables victimes des aberrations du marché ?

    De plus en plus d'économistes et de responsables politiques le pensent et mettent en cause le rôle d'accélérateur qu'ont eu les normes comptables dans cette crise.

    De fait, depuis le début des années 2000, les banques, en Europe comme aux Etats-Unis, doivent valoriser certains actifs qu'elles détiennent dans leur bilan (actions, titres financiers, etc.) à leur valeur de marché - comme si elles s'apprêtaient à le vendre - et non plus à leur valeur d'achat. Lorsque les marchés s'envolent, la "richesse" des banques s'apprécie ainsi automatiquement et baisse dans le cas contraire. Ce procédé était censé renforcer la transparence en donnant une image plus actuelle des comptes. "C'est un peu comme pour un appartement, et la différence entre le prix auquel vous l'avez acheté et celui auquel vous pourrez le vendre", souligne un auditeur.

    Mais, avec la crise, le système a été confronté à une situation inédite. Certains actifs que les banques détenaient, des crédits toxiques comme les fameux subprimes, sont devenus tellement explosifs aux yeux des investisseurs que plus personne n'en a voulu. Le marché a été déserté et leur valeur s'est effondrée.

    Ce prix était-il le reflet de la réalité ou la traduction momentanée de l'affolement du marché ? Anomalie ou non, les banques n'ont pas eu le choix et ont dû grandement réduire la valeur des actifs. "Il n'y avait pas de marché, on a dû mimer les choses et faire "comme si". On a donné une image fausse aux investisseurs !", dénonce Pierre de Lauzun, directeur général délégué à la Fédération bancaire française.

    CERCLE VICIEUX

    Un cercle vicieux s'est alors enclenché. Car une banque doit aussi respecter des règles de prudence (dites Bâle II) et s'assurer qu'elle détient un montant suffisant de capital au regard des sommes qu'elle prête aux ménages ou aux entreprises. Ainsi, plus la valeur de ses actifs s'effondrait, plus elle devait compenser en collectant du capital, en vendant, voire en bradant des actifs, ne faisant qu'aggraver ses difficultés. "Il faut changer ces règles monstrueusement procycliques, qui ont fabriqué notre malheur !", alerte Patrick Artus, responsable de la recherche chez Natixis.

    Les responsables politiques sont conscients du problème. Et pendant le G20, le 2 avril, les chefs d'Etat ont "appelé les normalisateurs comptables à travailler de toute urgence" pour améliorer ces principes. Aux Etats-Unis, l'entité responsable des normes comptables, le Financial Accounting Standard Board (FASB), a déjà proposé de nets assouplissements. Mais son homologue pour l'Europe, l'International Standard accounting Board (ISAB), est plus frileux.

    Lors de l'Ecofin, à Prague, le 4 avril, les ministres des finances européens ont donc tapé du poing sur la table. "On ne peut avoir des normes différentes entre les Etats-Unis et l'Europe, il faut que ce problème soit immédiatement réglé", indique-t-on à Bercy. In fine, le 7 avril, l'ISAB a promis d'avancer d'ici six mois, "en collaboration avec le FASB".

    Mais déjà, les experts mettent en garde contre des mesures trop radicales qui nuiraient à la transparence du marché. "S'il faut préciser les choses, il n'est pas nécessaire de tout remettre en question", souligne Mireille Berthelot, associée chez Deloitte. De fait, "les normes ne sont pas la cause mais le révélateur de la crise", signale Claude Cazes, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. "Elles sont le thermomètre qui indique la fièvre", insiste Rémi Forgeas, chez Mazars. De plus, rappelle ce dernier, "la règle essentielle de la comptabilité, c'est la permanence ; il faut pouvoir comparer les états financiers d'une année sur l'autre".

    Surtout, changer et brouiller les règles "fait planer le risque de manipuler les comptes", alerte Nicolas Véron, économiste au centre Bruegel. "Le problème n'est peut-être pas celui des normes comptables, mais celui de l'autorité" des régulateurs vis-à-vis des banques, estime-t-il.
     
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